28 Mar, 2020
vendredi, 28 mars 2014 17:54

Symposium UEH: Appel au maintien de la mobilisation pour l’annulation de l’arrêt TC 168/13 Spécial

Des panélistes: le  père Lissaint Antoine, le professeur Watson Denis et l'ex-coordonnatrice du GARR, Mme Colette Lespinasse. Des panélistes: le père Lissaint Antoine, le professeur Watson Denis et l'ex-coordonnatrice du GARR, Mme Colette Lespinasse. Photo: Josué Michel

 

Au cours du symposium organisé à Port-au-Prince, Haïti, les 19, 20 et 21 mars 2014, par le Rectorat de l’Université d’Etat d’Haïti (UEH), des voix se sont élevées pour réclamer le maintien de la mobilisation pour faire échec à l’application de l’arrêt TC 168/13. Qualifiant cet arrêt d’illégal et de xénophobe, les panélistes haïtiens et dominicains ainsi que les participants-es ont déclaré que cette décision du Tribunal constitutionnel dominicain constitue un véritable accroc au respect des droits humains.


Organisé autour du thème : « L’arrêt 168/13 de la Cour constitutionnelle de la République Dominicaine à la lumière de l’histoire de l’économie et des relations internationales», ce symposium a permis aux participants-es d’analyser l’arrêt dans tous ses aspects. Des représentants-es d’organisations de la société civile haïtienne, des professionnels de droits, des professeurs haïtiens et dominicains ainsi que  des étudiants-es y ont pris part.

Appelée à retracer l’histoire de la migration sur l’île,  l’ancienne coordonnatrice du GARR, Colette Lespinasse s’est accentuée sur les relations de bon voisinage qui existaient autrefois dans les relations haïtiano-dominicaines.

« Dans le temps, il y avait un climat d’harmonie entre les deux peuples. Haïtiens et Dominicains pouvaient circuler et vivre en toute quiétude dans n’importe quel point de l’île. Cependant, des intérêts économiques et politiques ont  changé les données. », a-t-elle indiqué.

Selon Mme Lespinasse, la rentrée massive des travailleurs migrants haïtiens en République Dominicaine a commencé avec l’occupation américaine d’Haïti en 1915 et de la  République Dominicaine en 1916 en raison des besoins de l’industrie sucrière. 

« Les américains avaient besoin de la main-d’œuvre haïtienne pour intensifier la production de sucre en République Dominicaine. Ainsi, se sont-ils tournés vers Haïti en paraphant des accords avec le gouvernement de l’époque. », a-t-elle déclaré.

En dépit de la fin officielle des embauchages avec le départ de Duvalier, les travailleurs migrants ont continué à traverser illégalement la frontière pour aller se faire exploiter  dans les bateyes dominicains, a reconnu Mme Lespinasse qui s’est montrée très préoccupée de la façon que les gouvernements haïtiens et dominicains gèrent la question migratoire. Elle en a profité pour inviter les autorités haïtiennes à travailler pour le bien-être  de la population

Parlant de l’arrêt TC 168/13, la militante des droits humains croit que cette décision est liée à la non-protection des droits des travailleurs migrants et des membres de leurs familles qui ont vécu en République Dominicaine pendant plusieurs décennies.  « Il faut annuler de toute urgence cette mesure discriminatoire et raciste qui va à l’encontre du respect des droits humains. », a-t-elle souligné. 


De son côté, le professeur Watson Denis qui intervenait sur le dispositif juridique et la décision politique de la sentence, a déclaré que l’arrêt TC 168/13 est l’émanation de l’establishment politique dominicain. « C’est une décision illégale, car elle viole les principes relatifs au droit international et prive des milliers de citoyens de leur nationalité. », a-t-il affirmé.

Tout en saluant les actions positives posées par des organisations de la société civile haïtienne des deux côtés de l’île pour l’annulation de l’arrêt, M. Denis a appelé à maintenir la mobilisation en vue du retrait de cette mesure qualifiée de raciste et de discriminatoire.

Pour la professeure dominicaine Dora Eusebio Gautreau, l’arrêt TC 168/13 est inconstitutionnel et incohérent. Il viole les droits de la nationalité des citoyens notamment des femmes.  Selon elle, c’est un petit groupe de Dominicains se déclarant nationalistes qui sont à la base de tout cela en vue de diviser les deux peuples de l’île qui sont condamnés à vivre ensemble.

Elle en a profité pour faire état de ses inquiétudes par rapport aux Dominicaines qui sont bloquées par cette mesure au moment où elles doivent aller inscrire leurs enfants à l’école.

« Comment comprenez-vous que des femmes qui doivent aller inscrire leurs enfants à l’école soient empêchées à cause d’une telle décision.», a-t-elle déploré.

Elle a lancé un appel aux organisations des droits humains haïtiennes et dominicaines  à continuer de s’organiser en vue d’aboutir à l’annulation de l’arrêt.

De l’avis du Coordonnateur du GARR, Jean Baptiste Azolin, l’arrêt TC 168/13 est un plan envisagé par les autorités dominicaines depuis la réforme constitutionnelle dominicaine de 2010. Il croit que la nationalité dominicaine est maintenant mise aux enchères avec le prononcé de cette sentence qu’il qualifie de xénophobe et de violations graves de droits humains. Il appelle à la mobilisation pour porter l’Etat dominicain à faire marche arrière.

« C’est impensable qu’un état s’arrange à violer les droits de ses propres fils et filles. Nous devons tous le dénoncer et nous battre pour faire échec au projet d’apatridie de la République Dominicaine.», a-t-il insisté.

Au terme de cette conférence, le Rectorat de l’Université d’Etat d’Haïti avait annoncé que des recommandations relatives au symposium seront bientôt formulées et transmises aux autorités haïtiennes et dominicaines.  

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Dernière modification le vendredi, 28 mars 2014 18:32

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