31 May, 2020
mardi, 16 janvier 2007 10:32

Différents cas de victimes de Trafic et de Traite enregistrés à la frontièrehaïtiano-dominicaine durant les années 2000 à 2006

{{Introduction}}Haïti est un pays pourvoyeur de migrants sans papiers ou munis de documents. Dans beaucoup de cas, surtout en ce qui concerne la République Dominicaine, des voyages clandestins sont organisés par des passeurs qui agissent en toute quiétude. La justice haïtienne n’a aucun mécanisme pour sanctionner ces trafiquants. Entre-temps, ces derniers mettent continuellement en danger la vie de milliers de personnes qui sont exposées soient aux actes répressifs de militaires dominicains, soit aux rapatriements forcés ou à d’autres dangers.Voici quelques cas parmi les plus graves survenus entre 2000 et 2006 et dans lesquels des Haïtiens et Haïtiennes ont été victimes. {{1. Le Massacre de Guayubin}}En juin 2000, six (6) Haïtiens, dont une femme enceinte, qui traversaient la frontière sans papiers avec l’aide d’un passeur, avaient été tués par des militaires dominicains dans la municipalité de Guayubin, près de la zone frontalière nord, entre Haïti et la République Dominicaine. Ces militaires avaient poursuivi sur 18 kilomètres le camion qui transportait 32 immigrants haitiens. Selon des témoignages, ces militaires auraient consciemment tiré sur les occupants du camion qui avait refusé de s’arrêter. Ils auraient continué à faire feu sur des survivants qui avaient essayé de s'enfuir après que le camion eut chaviré. Le quotidien dominicain "El Caribe" rapporta des témoignages indiquant que les victimes de Guayubin avaient payé entre 700 à 1000 Pesos pour être conduits en République Dominicaine et que des militaires dominicains étaient impliqués dans le trafic.{{2. Jeannot Succès est battu à mort}}En août 2000, Jeannot Succès, un migrant haïtien a été battu à mort par des militaires dominicains, à l’occasion d’un voyage clandestin. Le 12 août 2000, le camion qui transportait Jeannot et d’autres migrants en République Dominicaine a eu un accident, Jeannot et trois autres jeunes originaires de sa localité ont décidé de retourner en Haïti. Sur leur chemin, ils ont rencontrés des militaires dominicains qui assuraient des contrôles dans la zone de Cañada. Ces militaires leur ont réclamé, chacun, un montant de 20 pesos. Jeannot a déclaré qu’ils ont « déjà payé 1000 gourdes pour le voyage et qu’ils n’ont plus d’argent ». Les militaires les ont emprisonnés et ont battu Jeannot Succès à mort. Son cadavre a été jeté dans un cercueil à Miguel (Savanette), non loin de la borne qui sépare les deux pays.{{3. Sonia perd ses deux filles et sa cousine}}En juillet 2003, Sonia Innocent, originaire de Forêt-des-Pins, a perdu ses 2 enfants (Nimise 6 mois et Miledis 3 ans), ainsi que sa cousine Julienne 19 ans, dans une région désertique située entre Oviedo et Pedernales, dans les montagnes de Bahoruco. Cette famille avait été abandonnée dans cette zone par deux trafiquants, Telès et Soli, qui leur avaient promis de les conduire en République Dominicaine. Les trois personnes seraient mortes de soif, de faim et d’épuisement après plusieurs jours de marche. Sonia Innocent très affaiblie, a eu la vie sauve, grâce à un éleveur de chèvres qui l’a secourue in extremis. {{4. Des cadavres d’Haïtiens dans les bois}}En septembre 2003, au moins 12 cadavres d'Haïtiens ont été retrouvés dans des localités non loin de Pédernales. Selon le médecin légiste de Pédernales, Dr Tomàs Aquino Segura Gómez, ces personnes seraient mortes de faim. Le Président du Comité des Droits Humains Virgilio Almanzar pour sa part, avait avancé à cette occasion que les victimes auraient été battues, violées, puis assassinées. Il avait conseillé, dans le cadre de l’enquête autour de cette affaire, d’esssayer de localiser une fosse commune tout près de la frontière de Pedernales, où auraient été enterrés plusieurs autres cadavres de victimes de trafic de personnes.{{5. Une fillette et un homme trafiqués périssent dans un accident.}} En août 2003, une fillette de 14 ans et un homme de 31 ans ont trouvé la mort au Nord de la République Dominicaine dans un accident de véhicule. Le minibus qui transportait plus d’une vingtaine d’Haïtiens en situation illégale, roulait à vive allure, lorsque l’accident s’est produit non loin d’un poste de contrôle, à Carbonera, une communauté située à 14 km de Dajabon. En plus des deux morts, l’accident a fait également de nombreux blessés. {{6. Enlevés en Haïti et retrouvés en République Dominicaine}}En novembre 2003, un père retrouve en République Dominicaine ses deux enfants enlevés à Pétion-Ville depuis 1999. L’un de ces enfants, se trouvait dans un état déplorable avec des signes de maltraitance, de malnutrition, de déséquilibre émotionnel et de signes de violations sexuelles. Les informations révèlent que l’autre avait été vendu à un tiers après son départ d’Haïti.{{7. Feu sur des camions de clandestins haïtiens}}- Le 1er octobre 2004, dans la localité de Ponton, des militaires dominicains avaient fait feu sur un camion transportant des clandestins haïtiens. Il en est résulté un mort et 2 blessés graves. - Dans la nuit du 15 au 16 novembre 2004, un groupe de six Haïtiens accompagnés d’un passeur, ont été l’objet d’une fusillade sur la rive de la Rivière Massacre, au point frontalier Ouanaminthe/Dajabon. On n’a pas enregistré de pertes en vies humaines, mais les victimes étaient grièvement blessées.{{9. Ils meurent asphyxiés}}Dans la nuit du 10 janvier 2006, au moins 25 ressortissants haïtiens dont une femme, ont perdu la vie par asphyxie à Navarrete, au Nord de la République Dominicaine. On compte en outre, une trentaine de blessés. Ces voyageurs sans-papiers faisaient partie d’un groupe de plus de 60 personnes qui avaient traversé la frontière à destination de Santiago. {{10. En janvier 2007, les voyages clandestins se poursuivent}}Actuellement, en janvier 2007, un fort mouvement de recrutement clandestin est remarqué à la frontière. Selon les informations recueillies par le GARR, des passeurs (buscones) entreprennent activement la traversée à la frontière, d’un nombre important de sans papiers après leur avoir soutiré de l’argent. A Lascahobas, dans le bas Plateau Central, ces trafiquants réclament 2000 gourdes par tête, avec des promesses de trouver des emplois bien rémunérés en République voisine. Le 11 janvier 2007, le Comité de Droits Humains de Terre Froide, dans la zone de Fonds-Verrettes, a assisté 6 Haïtiens abandonnés dans la nature, par des passeurs, malgré le paiement des frais exigés. Ces trafiqués, originaires de localités reculées dans le Sud-Est du pays, ne disposaient plus d’argent pour retourner chez eux. A Baptiste (Savanette), les trafiquants cheminent avec les sans-papiers, à travers bois, dans des régions inhabitées, ce qui les expose au danger.{{Conclusion}}Alors qu’en République Dominicaine, il existe une loi sanctionnant les trafiquants et que des jugements ont lieu autour de ces cas, Haïti assiste, sans réagir, à de multiples torts subis par ses ressortissants-ressortissantes dans le cadre de trafic de personnes. Jusqu’à présent, malgré les promesses, le pays n’a pas encore ratifié la Convention Internationale sur la Criminalité Transnationale Organisée et ses 2 protocoles additionnels, ni préparé et voté une loi en la matière, ce qui permettrait au pays de disposer d’un cadre légal pour gérer les cas de trafic et de traite qui ne manquent pas.Le 6 octobre 2005, à l’occasion de la clôture de la Première Journée de Réflexion sur la Problématique Frontalière, le ministre des Affaires Etrangères d’alors, M. Hérard Abraham, avait déclaré que « La Chancellerie haïtienne, en étroite collaboration avec le Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique et celui des Affaires Sociales et du Travail, proposera au gouvernement un texte de loi criminalisant ce trafic honteux », jusqu’à présent, rien n’a été fait. En 2007, après plus deux siècles de l’abolition de l’esclavage, il importe donc à l’Etat Haïtien de poser des actions concrètes en ratifiant la Convention Contre la Criminalité Transnationale Organisée et ses 2 protocoles additionnels qui répriment respectivement le Trafic et la Traite de personnes, en contrôlant la frontière et en élaborant des lois pour sanctionner les trafiquants.Préparé par le GARR, janvier 2007
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Dernière modification le samedi, 01 janvier 2000 00:00

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