27 Jan, 2020
mercredi, 08 février 2012 00:00

Le mouvement social haïtien réclame le jugement de l’ancien dictateur Jean Claude Duvalier

Le mouvement social haïtien réclame le jugement de l’ancien dictateur Jean Claude Duvalier © Josue Michel, 2012

Des représentants-es de diverses organisations de la société civile et membres d’organisations populaires ont organisé, le 7 février 2012, un sit-in devant les locaux du Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique pour réclamer du pouvoir en place l’arrestation et le jugement de l’ancien dictateur haïtien, Jean Claude Duvalier.

Des représentants-es de diverses organisations de la société civile et membres d’organisations populaires ont organisé, le 7 février 2012, un sit-in devant les locaux du Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique pour réclamer du pouvoir en place l’arrestation et le jugement de l’ancien dictateur haïtien, Jean Claude Duvalier.

Munis de pancartes, les manifestants-es ont scandé des slogans et entonné des chants à l’encontre des autorités haïtiennes. Ils/elles condamnent sévèrement le laxisme des membres du gouvernement qui semblent ignorer, selon eux, les 30 mille victimes du régime des Duvalier. « Jistis ak reparasyon pou 30 mil viktim Duvalier yo (Justice et réparation pour les 30 mille victimes de Duvalier, Fòk Duvalier jije (Duvalier doit être jugé), Aba enpinite (Non à l’impunité), Anilasyon òdonans tèt kale jij Carvès Jean an (Annulation de l’ordonnance progouvernementale du juge Carvès Jean) , pa gen preskripsyon pou krim kont limanite( pas de prescription pour les crimes contre l’humanité)… », pouvait-on lire.

Prenant part au sit-in, la représentante de l’organisation TÈT KOLE TI PEYIZAN, Gertha Lozama, a qualifié d’insultante et honteuse la décision du juge Carvès Jean qui, dit-elle, a minimisé les crimes innombrables et les tortures odieuses perpétrés sous le régime de l’ex- dictateur Jean Claude Duvalier.

« Nous ne pouvons pas parler de justice si Jean Claude Duvalier se promène comme il veut à travers le pays. », a martelé Camille Chalmers, Directeur exécutif de la Plateforme Haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif (PAPDA).

Il a qualifié de « gifle infligée aux victimes » l’ordonnance du juge Carvès Jean, et appelé les autorités judiciaires haïtiennes à rendre justice à qui elle est due en vue de l’établissement d’un Etat de droit dans le pays. « Le jugement de l’ex-dictateur Jean Claude Duvalier ne vise qu’à renforcer la démocratie haïtienne. », a-t-il conclu.

Pour Raymond Davius, l’un des membres du Collectif d’Organisations pour Dédommager les Victimes du Choléra, cette ordonnance ne fera qu’ encourager l’impunité en Haïti et affaiblir le système judiciaire national. « Le dossier de l’ancien dictateur doit être traité avec impartialité pour le maintien des acquis démocratiques. », a-t-il déclaré.

Jean Claude Duvalier est rentré en Haïti, le 16 janvier 2011, en provenance de la France, pays où il résidait depuis la chute de son régime, il y a 25 ans. Peu de temps après son retour, des victimes ont porté plainte contre l’ex-dictateur. Toutefois, le juge d’instruction Carvès Jean, aux termes d’une ordonnance en date du 27 janvier 2012, a décidé d’ignorer les plaintes pour crimes contre l’humanité introduites contre l’ancien président à vie et n’a retenu que les détournements de fonds.

A l’initiative du sit-in tenu le 7 février devant le siège du Ministère de la Justice à Port-au-Prince se retrouvent des organisations de droits humains et de la société civile haïtienne comme le GARR, la PAPDA, la POHDH, FRAKKA, KOSIJID, Kan PÈP et BAI.

blog comments powered by Disqus

Media

blog comments powered by Disqus

Login Form



mobil porno rokettube porno video porno izle