29 May, 2020
lundi, 22 avril 2013 23:28

Calme à la frontière de Fonds-Parisien après un week-end agité Spécial

Vue générale de l'une des maisons familiales incendiées par des agents du CIMO Vue générale de l'une des maisons familiales incendiées par des agents du CIMO Photo: Josué Michel

Le calme semble être revenu à la frontière de Fonds-Parisien/Malpasse, ce lundi 22 avril 2013, alors qu’une vive tension y régnait le weekend écoulé.  Le marché binational a fonctionné normalement tandis que la circulation automobile est revenue à la normale. Suite à des incidents violents entre les agents du Corps d’Intervention du Maintien de l’Ordre (CIMO) et un promoteur de droits humains, deux personnes avaient été blessées par balles, des armes à feu confisquées à bord d’un véhicule diplomatique et deux maisons incendiées. L’un des blessés se trouve encore à l’hôpital où il a subi une opération au pied.

Selon les informations recueillies par le GARR, dans la journée du dimanche 21 avril, une rencontre a été organisée entre le Secrétaire d’Etat à la Sécurité Publique, M. Réginald Delva et des riverains de Fonds-Parisien notamment les victimes. A l’issue de la rencontre, il a été décidé de mettre en place un comité de suivi pour essayer de prévenir ces genres d’incidents qui occasionnent à chaque fois des violences et la paralysie de la frontière.  M. Delva a promis de construire un sous-commissariat dans la zone et en a profité pour saluer le geste des habitants de la région ayant accepté de remettre les armes à feu saisies dans le véhicule diplomatique, informe l’un des participants à cette rencontre.

Les 18 et 19 avril 2013, une situation de tension avait paralysé pendant deux jours la route de Fonds-Parisien (Ouest) suite à une altercation entre des agents du CIMO (l’une des unités de la  PNH) et un promoteur des droits humains, Wilny Laguerre,  du Service Jésuite aux Refugiés de Fonds-Parisien (SJR), a appris le GARR.

L’incident s’est produit le 18 avril au moment où le promoteur quittait le portail frontalier de Jimani (République Dominicaine) pour rentrer à Malpasse (Haïti) à bord d’une motocyclette appartenant à cet organisme de droits humains.

Des agents du CIMO (Corps d’Intervention du Maintien de l’Ordre) firent signe au conducteur de s’arrêter. Sous prétexte qu’il appartiendrait à la catégorie des chauffeurs-moto auxquels il est désormais interdit de circuler dans les parages de la douane, les agents du CIMO ont crevé les pneus de la motocyclette que pilotait le promoteur des droits humains. Wilny Laguerre avait beau expliqué qu’il n’est pas un chauffeur de taxi moto mais qu’il revenait de Jimani, dans le cadre de son travail, les policiers n’ont voulu rien entendre. Ils ont passé à tabac un autre jeune qui essayait de leur faire comprendre que le promoteur disait vrai. Ces informations ont été communiquées au GARR par le Père Lissaint Antoine, directeur du Service Jésuite aux Réfugiés basé à Fonds-Parisien.

Informés de l’incident, des résidents de Fonds-Parisien où vit le promoteur, se sont mis en colère.  Ils ont décidé de bloquer la circulation automobile au niveau de Fonds-Parisien à l’aide de pneus enflammés, des carcasses de véhicules et d’un trailer saisi  sur la route.

Peu de temps après, les forces de l’ordre s’étaient renforcées.  Selon les témoins il s’en est suivi une situation où des jets de pierres ont été envoyées, suivis de bonbonnes de gaz lacrymogènes tirés par les policiers et ensuite de tirs. Dans la foulée, Francillou Michel a essuyé des projectiles au pied, tandis que Yvon a été atteint au cou.  D’autres ont été violemment battus. Les agents de CIMO auraient également mis le feu dans au moins deux maisons.

 «Ces agents interviennent souvent dans cette commune pour nous maltraiter comme si nous étions des bandits. Vous vous imaginez qu’ils sont venus incendier la maison où nous résidions paisiblement.», a déclaré un résident de cette commune frontalière qui accuse les membres du Corps d’Intervention du Maintien de l’Ordre d’avoir incendié la maison familiale. 

Il convient de signaler que selon plusieurs témoignages recueillis sur place, le 19 avril 2013, des riverains en colère avaient bloqué une voiture de la mission diplomatique dominicaine et saisi des armes qui s’y trouvaient. Grâce à l’intervention d’un notable de Fonds-Parisien, les armes avaient été récupérées et transmises à la Police Nationale d’Haïti. 

Soulignons que ces incidents malheureux sont survenus exactement un an après l’assassinat d’Octanol Dérissaint, un citoyen de Fonds-Parisien, victime d’abus d’autorité à la frontière de Malpasse, le 19 avril 2012.

Le GARR exhorte les autorités haïtiennes à mener une investigation approfondie sur les incidents regrettables des 18 et 19 avril 2013 impliquant les agents du CIMO.  Il  réitère ses recommandations aux autorités haïtiennes pour rechercher avec la population de Fonds-Parisien des formes plus appropriées pour gérer les conflits au lieu de recourir à chaque fois à la violence. Il exhorte la population de Fonds-Parisien à créer des espaces de médiation capable de les aider à faire valoir leurs droits de manière pacifique.

 

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